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La Griserie.


Photos de

La ferme de « La Griserie ».

Origines de « la Griserie ».

« La Griserie » daterait de 1720 (Note : 01). C'était le nom de la ferme de la famille LEGRIX, éleveurs, récoltants de fruits et brioleurs (Note : 02). Le terrain sur lequel était implantée cette ferme, prit le nom de « cour de la Griserie ».

En 1796, François LEGRIX décéda en léguant les parcelles à ses enfants dont son fils Jean Pierre LEGRIX, porteur de côterets (Note : 03). Celui-ci habita la maison.

Parallèlement, depuis 1782, date à laquelle la « veuve GUILOU » (de son vrai nom Anne Françoise BOUDARD), acquit des terrains alentours dont ceux cédés par le régisseur et receveur du domaine d'Auge agissant pour le compte du Duc d'Orléans. Elle développa son emprise dans le secteur par l'achat de terres venant de familles LEGRIX, LEROUX, BOUFFARD, BREAVOINE, MAGLOIRE, MARTINIERE...

En 1831, la veuve de Pierre GUILLOU acheta en purge d'hypothèques « la grande ferme de la Griserie » à Pierre BOUFFARD, garde forestier. Cette ferme appartenait auparavant à Charles Guillaume PETIT qui l'avait reçu de François PETIT son père. Lui-même l'ayant reçu de son père, Pierre PETIT. Les liens entre les familles BOUFFARD, PETIT et LEGRIX ne sont pas établis. Par contre à cette période, on constate que des cours voisines appartenaient aux LEGRIX.

Ainsi donc en 1837, La Griserie appartenait à la famille GUILLOU. En particulier lors du fameux épisode de « la maison du crime ». Un crime y a effectivement, été commis. Les assassins ont été exécutés ou envoyés au bagne.

Quelques années plus tard, la Griserie passa des GUILLOU aux LACROIX SAINT MICHEL.

Louise LACROIX SAINT MICHEL reçu la Griserie de pour moitié de Louise LETESTU épouse de Michel LACROIX SAINT MICHEL.

En 1849, Louise LACROIX SAINT MICHEL, épouse de Jean Baptiste COUSIN DE LOUVELLIERES, vérificateur des douanes, laisse l'usufruit de la propriété à César GUILLOU marchand de bois et la nue-propriété à Anna Flavie GUILLOU épouse de Louis LACROIX LACOMBE et à Claire Emilie GUILLOU, épouse de Gabriel FOUQUES-DESMARAIS, notaire à Honfleur.

En 1864, Jacques (fils de César) GUILLOU signa un bail d'exploitation de la ferme à Charles LEGRIX portant sur 5,18 hectares pour un « mannequin de fruits à couteaux », « le lait, le beurre, la crème » que le bailleur aura besoin et « 650 Francs par an ». Jusqu' en 1898, la superficie était de 6,4 hectares essentiellement composée d'herbages, vergers, et un peu de labours. La Cour de la Griserie se composait alors de la maison d'habitation du fermier, deux bâtiments dont l'un à usage de poulailler et étables, l'autre composé d'un pressoir, d'une cave, d'une étable et de greniers. Le verger était planté de guigniers (Note : 04), cerisiers et pruniers.

Claire Emilie GUILLOU alors veuve de Gabriel FOUQUES-DESMARAIS (décédé en 1896) légua la propriété à ses 2 nièces (dont la mère était Anna Flavie GUILLOU, soeur germaine de Claire Emilie) :

- Louise LACROLX-LACOMBE épouse LE RICQUE,
- Jeanne Claire LACROIX-LACOMBE.

Madame Louise LACROIX-LACOMBE (décédée en 1925), épouse du Vicomte Ludovic de LAVAISSIERE DE LAVERGNE, directeur honoraire au Ministère des Colonies, agent général des banques coloniales, et officier de la légion d'honneur ( décédé en 1922) ne pouvant exploiter la propriété, la confia aux mains de cultivateurs.

Ils furent nombreux ; chacun signant un bail de 3, 6 ou 9 ans pour un prix de fermage De 600 Francs par an en 1893 :

- de 900 Francs par an de 1899 à 1901,
- de 1650 Francs par an en 1902,
- jusqu'à 20000 Francs par an en 1946.

En 1902, elle se composait de :

- « La Cour de la Griserie » de 3,3 hectares plantés d'arbres fruitiers et d'une « ancienne maison de fermier », d'un poulailler, et un bâtiment servant de « caves, pressoir, étable, grenier ». (cadastre 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97 section G et 30 section F) ;
- un pré fauchable attenant de 0,82 hectares (cadastre 97, 98 section G) ;
- la « Cour Bouffard » de 0,68 hectares (cadastre 99 à 107 section G) ;
- une cour bornée par « la grande route » de 1,41 hectares contenant une maison de maître ( cadastre 49, 50. 51, 52, 54 section G) ;
- la « pièce de la Rançonnière » de 3,9 hectares ( cadastre 88 section D) ;
- le « pré de la Rançonnière » de 1,6 hectares (cadastre 85, 86 section D) ;
- « le petit herbage » et « l'herbage » de 1,72 hectares (cadastres 117, 118, 119, 121 section G) ;
- une cour plantée avec maison de 1,55 hectares (cadastre 29, 30, 31, 32, 32, 33, 34, 35, 36, 37 section G) ;
- le pré dit du « désert » de 0,7 hectares (cadastre 48, 49 cestion G) ;
- l'herbage dit du « partis » de 0,66 hectares (cadastre 38 section G).

soit 16,4 hectares au total.

La maison était nommée alors « l'ancienne ferme de la Griserie » (1917).

En 1931, on la décrit ainsi :

- Au rez de chaussée : une laiterie pavée, une cuisine, une salle à manger, un vestibule, un salon ;
- Au premier étage : une chambre, cabinet de toilette, deux chambres, deux plus petites, un « water-closet », corridor ;
- Au second étage : grenier.

La maison était assentée (Note : 05).

Dans la cour, il existait deux mares (une petite et une grande avec un lavoir) et l'accès à la route se faisait directement depuis la route « impériale ».

La lecture des différents états des lieux montre que la maison ainsi que le jardin environnant étaient peu ou pas entretenus.

En 1928, la superficie se monte à 20 hectares avec quelques nouvelles acquisitions : Le « pré Georges », « le Vilambert ». En 1934, elle porte sur 40 hectares par, entre autres, l'acquisition du « lieu Dupait » contenant 3 herbages : cour Dupait, Harrier, Bouffair, de 6,22 hectares. Le fermage était alors donné à la famille LEFRANC. Les aménagements du bail étaient complexes :

- prendre les taupes,
- éparpiller les taupinières et fourmilières,
- couper les chardons deux fois par an,
- pas de culture de colza ni de chanvre,
- consommer sur place les fourrages,
- confectionner 50 glanes (chaume) pour l'entretien des couvertures,
- serfouir les arbres fruitiers,
- lever et porter les forières se trouvant sur les pièces de labour,
- tenir les bestiaux empêtrés afin qu'ils ne puissent endommager les arbres,
- ne pas avoir plus de 4 chevaux,
- pâturer les terres sans pouvoir les faucher,
- couper un sixième des haies par an,
- façonner les arbres morts en bois de corde,
- faire 3 journées de maçonnerie,
- faire 2 voyages à Honfleur afin de porter le bois de chauffe au bailleur,
- pouvoir laisser du cidre dans les fûts jusqu'à la saint Michel suivant sa sortie...

En 1961, elle légua la propriété à l'un de ses 4 enfants : Madeleine de LAVAISSIERE DE LAVERGNE, qui épousa Paul CHENOU et en devint veuve en 1961.

Celle-ci légua la propriété pour moitié à ses 2 enfants :

- Bernard CHENOU,
- Marie Jenny CHENOU (décédée en 1989) sans profession épouse MARLE habitant Paris.

Berthe GERVOSON, veuve de Bernard CHENOU (décédé en 1971) et habitant Paris, maintint le système du fermage.

A son décès, elle légua à ses enfants la propriété qu'elle reçut de son mari, l'un des 7 enfants, Guénoelle CHENOU épouse BERTIN, hérita de la Griserie.

La Griserie fut aussitôt revendue en 1981, à Michel BOUYSSOU, docteur en médecine et Claudine BOUYSSOU-HOUDET, docteur en médecine. Des travaux importants furent faits : réfection de l'électricité, de réaménagement des pièces, des évacuations, du chauffage...

Ceux-ci divisèrent la propriété en deux parts de surface égale et vendirent la parcelle supportant la maison en 1989 à Alain DETOLLENAERE, docteur vétérinaire et à Liliane DETOLLENAERE-PILLIE, secrétaire. Ils feront la couverture et l'aménagement des jardins.

En 1999, la propriété fut reprise par Anny et Patrick DECARNE.

Source : Etude faite par Patrick Ducarme en 2002.


A propos du « Père David ».

Origines familiales (au foyer : DAVID Robert et LEGRIX Françoise mariés le 22 août 1758 à Saint Gatien).

Quant à la famille de la mère, Françoise LEGRIX, nous lui devons un autre lieudit encore plus connu (nb. que le carrefour David). Tous ceux qui ont parcouru la route de Pont l'Evêque-Honfleur connaissent la « Côte de la Griserie » qui, après Tourville permet d'accéder au plateau, beaucoup ont remarqué au sommet sur la gauche, « la Griserie », cette grande ferme éssentée d'ardoises où vécurent les LEGRIX. Et comme son grand-père Jean était allé au bas de la côte, conter fleurette a Jeanne de COSTARD, fille du sieur de Valmesnil (Note : 06), une pointe de sang bleu coulait dans les veines de notre Françoise LEGRIX.

Donc, Françoise LEGRIX mariée en 1758 (elle est née à la Griserie le 20 juin 1735), et si son grand père, né le 15 avril 1664 à Saint Gatien est allé conter fleurette à Tourville (mariage en 1689), la Griserie existait donc en 1664 au moins (Note : 07).

Source : « les voituriers en Forêt de Touques », de J. Chennebenoist.


Article concernant « la Griserie ».

Autour d’un lieu-dit « La Griserie de Saint Gatien des Bois ».

« La Griserie » à Saint Gatien des Bois c’est le nom d’une côte, d’une ferme, d’un lieu...

Dans toute la région ils sont nombreux ces morceaux de champ ou de bois, ces croisées de chemin dont l’appellation qui se perd dans la nuit des temps évoque bien souvent un évènement historique ou « surnaturel ».

Tels... « le champ de bataille » à Honfleur, « le trou de la fille » à Gonneville. Bien d’autres encore...

Certains esprits fantaisistes ont pu ici attribuer ce nom à... la « Griserie » de la vitesse qui parait-il s’emparait des chevaux de poste conduisant diligence dans la descente que forme la Route Nationale 179 vers Tourville en Auge et Pont l’Evêque.

Il n’en est rien « La Griserie » tirant tout simplement d’un vocable des premiers propriétaires de la ferme : les LEGRIX.

Il y a 130 ans quatre bandits armés.

Une maison basse et grise couverte d’ardoises, des volets clos... telle se présente à l’heure actuelle la ferme de « La Griserie » qui mise en vent attend l’acquéreur.

Et s’il nous vient l’idée d’y faire halte c’est qu’elle fut il y a 130 années le théâtre d’un crime qui eut un certain retentissement dans la région.

Longtemps après encore d’ailleurs l’on fredonna sur les quais de Honfleur et dans les vieilles maisons du bourg de Saint Gatien de Bois la complainte lancinante née de cet assassinat.

Le samedi 8 avril 1837 vers 7 heures 30 du soir la propriétaire de la ferme une veuve Mme Guillou, sa servante, son domestique et un journalier nommé Guéry se mettaient à table pour souper. Le potage fumait dans les assiettes lorsque par la porte violemment poussée quatre hommes armés de sabres et de pistolets pénétrèrent dans la vaste cuisine.

Votre maison nous est annoncée comme un lieu où se fait de la fausse monnaie... déclara celui de tout évidence était le chef de la bande en ajoutant qu’il se présentait au nom du procureur du Roy pour faire perquisition.

Dans le même temps les autres hommes entouraient les dîneurs et l’un d’eux, après avoir posé le canon de son pistolet sur la tête de Guéry, essaya de lui lier les mains. C’est alors que le domestique Joseph Chéron se précipita sur le voleur et lui arracha son arme, s’écria : « il faut vaincre ou mourir... ». Il n’eut pas le temps d’en dire plus.

Les autres bandits l’attaquant de leur sabre l’étendaient mort aux pieds de sa maîtresse. Il était âgé de 28 ans.

Cependant cette « diversion » sanglante avait permis à Guéry d’esquiver un mouvement vers la porte. Par bonheur le pistolet braqué sur lui rata son but et l’ouvrier agricole put appeler au secours. Ce qui détermina les voleurs à prendre la fuite. Si grand fut leur hâte qu’il en oublièrent sur la table deux pistolets d’arçon chargés à balles, une casquette et un morceau de soie.

Ces pièces allaient les perdre. L’enquête devait en effet permettre de retrouver la trace de ces quatre hommes qui voyageant en cabriolet s’étaient le jour même arrêtés à l’auberge de Saint Gatien tenue par un sieur Elie et où ils étaient restés une bonne partie de l’après-midi. De fil en aiguille les enquêteurs remontèrent « aux sources » et purent identifier les bandits dont le chef n’était autre qu’un nommé Mordant né à Blay près de Bayeux. Celui-ci à 63 ans avait déjà purgé quelques 30 années de prison. Ses trois compères n’étaient guère plus recommandables...

La peine de mort décapita -dans le sens le plus large du mot- la bande...

De ce fait divers il reste le procès verbal des assises du 11 février 1838 et ces quelques vers portés jusqu’à nous par la chanson de nos mères-grand.

Quand de Mordant on vous conte l’histoire chacun frémit entendant ses forfaits. Ses compagnons dont l’âme est aussi noire. Font reculer d’horreur chaque Français.

Source : Article de Paris Normandie écrit par Mme Jacqueline Colliex vers 1970.


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