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Le Bréfet.

Notes de vocabulaire.

Nous faisons ci dessous, une petite explication des termes en vieux français, afin de faciliter la lecture de certains documents.

Briefer :
(avec racine brief) a donné aujourd'hui Brefet (avec racine bref) lieudit de Saint-Gatien.

En fieu :
en fief.

Lysiex :
Lisieux.

Essars :
essarts, défrichements cultivés.

Elles se pourportent :
elles se décrivent.

En long et en ley :
en long et en large.

Cent prés en tous sens :
terrain de 32 à 34 mètres de côté que l'évêque conserve pour construire granche c'est-à-dire grange où entreposer le produit de sa dîme sur les fruits, récoltes de la forêt.

Il apert :
il paraît.

Un myeu d'avene :
un muid d'avoine sort 12 setiers ou (je pense) environ 18 à 19 hectolitres, ou 144 boisseaux (mesure de St-Pierre de Touques, baronnie de l'Evêque) . Ceci pour un bien de 62 acres (soit 60 hectares) d'après l'autre texte que je joins.

Le guernier de l'évêque :
son grenier de Touques.

Ses hers poier :
ses héritiers payer.

Mettre en contreplège :
mettre contre garantie.

Entrignier :
entérimer, rendre définitif.

Biens mobles et non mobles :
biens meubles et immeubles.

Son cors à tenir en prison :
l'acquéreur acceptera la prison.

Creu sous serement :
cru par simple serment.

Renonchera quand à cey à tout privilège de crois prise :
renoncera pour soi à prendre la croix du pèlerin qui vaut privilège.

De bonne garde sur ses biens, franchité :
franchise, effacement de dette.

En court cristiane ne en cour séculière :
on ne pourra faire annuler la dette vis-à-vis de ce porteur ni devant la justice de ce clergé ni devant la justice séculière.


Le Brefet au XIVème siècle.

Copies de dom Lenoir. Archives du Calvados. 1mi 256 page 233(558) numéro18952.

Information faite au Pont L'Evêque le 17 juin 1404 par Massot du Boulay, vicomte d'Auge en présence de Jean Leconte substitut de Nicolas Leconte procureur du Roi au bailliage de Rouen, de Jean de la Rivière, avocat et conseiller du Roi en ladite vicomté d'Auge et de Durant de Tieuville lieutenant général en ladite vicomté .

De laquelle information il résulte que Regnault Brieffer avait et tenait es paroisse de Saint Gatien et Fourneville un hébergement et 62 acres de terre assis entre les gastines de la forêt de Touque, lesquels héritages il transporta à feu Pierre Le Tort ; item que par ledit Tort lesdits héritages furent vendus par décret il y a environ 34 ans (date : 1404 – 34 = 1370) pour arrérages de 12 livres 5 sols 9 deniers dont lesdits héritages étaient chargés envers Monseigneur le duc d'Orléans et furent acquis au nom du Roi par Messire Sevestre de la Cervelle omonier du Roi lequel faisait faire pour lors la tour de Honnefleu ; item que les matériaux du manoir qui était sur lesdits héritages furent employés à la construction de ladite tour et que depuis ce temps il n'y eu aucun édifice ni hébergages sur lesdits héritages ; item qu'il serait plus profitable au Roi d'abandonner à Monr le duc d'Orléans lesdits héritages que de continuer de lui payer ladite rente de 12 livres 5 sols 9 deniers tournois.


Archives du Calvados 1 mi 176 page 53 numéro 22294.

Mandement des gens des comptes du 30 juillet 1404 portant injonction au vicomte d'Auge de délaisser et délivrer aux officiers de Mons le duc d'Orléans un hébergement et 62 acres de terre assises à Saint Gatien qui jadis furent à feu Regnault Briefer et depuis à feu Pierre Le Tort et qui furent vendus sur ledit Pierre et adjugés au Roy pour les arrérages de 12 livres 5 sols 4 deniers tournois de rente dûs sur lesdits héritages et ce attendu que lesdits officiers prétendent que ladite rente appartenait audit Mr le duc et qu'il est plus profitable au Roy de lui abandonner iceulx héritages que de lui païer ladite rente et arrérages. Ensemble : lettres de Massot du Boulley vicomte d'Auge du 16 août 1404 portant que ledit jour en vertu dudit mandement il a baillé et délivré à Guillaume Philippes receveur en ladite vicomté pour Monseigneur le duc d'Orléans lesdits 62 acres de terre assises à Saint Gatien ou fust estre un hébergement .

Note :

Le 20 septembre 1354 le roi Jean II avait assigné à son frère Philippe d'Orléans 1713 livres 12 sols 2 deniers tournois de rente à prendre dans diverses fieffermes de la Vicomté d'Auge.

C'est donc Philippe d'Orléans qui devient propriétaire du Bréfet. Ainsi le roi, ayant abandonné ce bien qu'il avait saisi, n'aura plus à régler la rente imposée par l'Evêque à Briefer en 1310 .

Source : Paul Guidecoq.


Texte rajeuni.

A tous ceux qui verront et entendront ces lettres présentes le vicomte d’Auge donne le salut. Sachez tous que par devant notre tabellion (notaire) établi par nous pour le faire se présenta Pierre Briefer, bourgeois de Harfleur, qui reconnut qu’il avait pris en fief et plein héritage du Révérend père en Dieu Monseigneur Guy évêque de Lisieux les terres que le révérend père avait et exploitait dans les essarts de Saint Gatien en la forêt de Touques en l’état où elles se trouvent en long et en large , labourables et plantées excepté 100 pieds (30 mètres) en tous sens que le dit révérend père en retient pour lui-même (et ses successeurs en l’église de Lisieux) pour y construire une grange ou ce qu’il lui plaira de construire.

Ces 100 pieds ont été pris par le révérend père comme on peut le voir par les fossés faits et plantés entre lui et Pierre (Briefer). Loyer : un muid d’avoine de rente à la St Rémi (muid à la mesure de Touques) , lequel muid d’avoine le dit Pierre et ses héritiers seront tenus de livrer au grenier du révérend père (et à ses successeurs) à Touques.

Le dit Pierre et ses héritiers sera tenu de payer et acquitter toutes les autres rentes et redevances dues pour les terres quelles qu’elles soient. Et s’il advenait que ledit Pierre ou ses héritiers délaissent les terres le révérend père et ses successeurs tiendraient et auraient une rente perpétuelle de 40 sous tournois à prendre chaque année à la Saint Rémi sur (le revenu de) un manoir que le dit Pierre possède en la paroisse Saint Etienne d’Honfleur entre la terre et maison de Nicolas Lemière et la terre et maison de Michel Dauge. Cette rente est mise en garantie par le dit Pierre qui s’oblige à vendre tous ses biens meubles et immeubles par justice; s’oblige à la prison jusqu’à ce qu’il s’acquitte s’il s’en défaussait …Celui qui montrera ces lettres sera cru sur serment sans autre preuve.

Pierre a renoncé à tout privilège que lui donnerait la croisade (Le croisé ayant droit à suspension du règlement de ses dettes). Celui qui portera ces lettres ne sera pas jugé en cour chrétienne ni en cour séculière. En témoin de cela nous avons mis à ces lettres le sceau de la vicomté d’Auge à la demande des parties sans autre paiement de droit. Ce fut fait le mardi avant la fête de Saint Pierre ès liens l’an de grâce 1310.

Source : Paul Guidecoq.

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